LAUNABA, future championne de taekwondo ?

par Webmestre 2 de RESF78

Je m’appelle Launaba, j’ai 22 ans et je suis d’origine ivoirienne.
J’ai deux demi-frères et une demi-sœur. Je suis actuellement en préparation du concours d’auxiliaire de puériculture.
Je vais vous raconter mon parcours, mon histoire.

J’ai grandi sans père. Ma mère était et est encore tout pour moi, elle est à la fois, ma mère et mon père.
A ma naissance mon papa ne voulait pas de moi, il disait que je n’étais pas sa fille. Finalement il a fini par me reconnaître.
J’étais en Afrique avec maman. On vivait notre vie difficilement mais on s’en sortait grâce à dieu.
Papa lui était déjà parti en Italie et il nous appelait.
Un jour il à décidé de nous faire venir près de lui. Nous étions contentes de le rejoindre, maman et moi, car on se disait qu’enfin on allait vivre comme une vraie famille ; maman avait attendu papa pendant 10 ans pour qu’il revienne la marier...

Une fois arrivées, deux semaines après, papa a commencé à nous parler mal et à nous négliger. Il faisait la différence entre moi et ses autres enfants. Moi, cela m’était un peu égal, mais j’étais plus inquiète pour maman. Papa la frappait et elle faisait semblant, mais moi je voyais tout dans ses yeux jusqu’au jour où elle s’est réveillée le visage tout gonflé et les yeux remplis de tristesse.
On a tout subit, même la faim parfois.
Et un jour, maman et moi, on a décidé de fuir et de venir en France parce que cela devenait insupportable.

En 2013, on est arrivé en France, je voulais continuer mes études. On était chez de la famille et ils me disaient qu’il fallait arrêter mes études et me marier à un français.
J’ai pleuré car je ne voulais pas. J’étais quand même une jeune fille très ambitieuse ! Du coup, ça ne se passait pas bien et j’ai dû me renseigner pour trouver une solution pour moi et maman. Je suis une fille têtue, je vais jusqu’au bout quand j’ai une chose dans la tête.
Par chance j’ai fais une très belle rencontre à l’ASTI du Mantois avec une dame qui s’appelle Anne qui m’a soutenu et me soutient jusqu’à présent. Anne m’a accompagnée dans mes démarches. Entre temps, j’avais déjà appelé le 115 pour ne pas rester dehors avec ma mère.
Donc, on était logé à l’hôtel qui changeait à chaque fois et c’était difficile car on ne connaissait pas encore les Yvelines et on n’avait pas de titres de transports ; et à l’hôtel c’était compliqué pour manger.
Mais j’ai réussi à m’en sortir au niveau des études et avoir un titre de séjour grâce à l’aide des personnes merveilleuses que j’ai rencontrées.
Je cherche toujours à avancer.
J’ai renouvelé mon titre de séjour étudiant pour deux ans mais c’est compliqué car je ne peux pas trop travailler ni m’inscrire à pôle emploi. Mon but aujourd’hui est d’avoir mon diplôme, de changer de statut et de construire une famille, et ainsi avoir une vie stable.
Je pratique le taekwondo (sport de combat ) et j’ai déjà eu une médaille ! Je vais m’arrêter là car je parle beaucoup, mon histoire est trop longue.
Je veux remercier quelques personnes : merci à l’ASTI et au RESF. Grâce à eux j’ai obtenu mon titre de séjour étudiant. Merci à Anne grâce à qui j’ai pu retourner à l’école, à l’assistante sociale de mon lycée, aux militants du RESF, à ma famille d’accueil, Christophe et Marie Agnès qui m’ont hébergée bénévolement pendant un an, à la gérante du logement social l’Ermitage.
Sans vous je n’en serais pas là aujourd’hui.
Je continuerai à me battre, peu importe les obstacles. Maman m’a dit un jour "grâce à ton courage, c’est toi ma mère et moi ta fille". Mais ce courage je le détiens d’elle car c’est une femme forte.
Je souhaite de tout mon cœur qu’elle ait ses papiers et je veux la voir heureuse, maman...mes cousins et neveux me manquent énormément.
En attendant de pouvoir aller les voir, je pense à mon pays et à ses recettes j’ai même créé une page sur internet où je mets mes recettes africaines.

Un énorme merci à vous !
Gros bisous